Culture scientifique et actions pédagogiques sont inscrites dans l’ADN du CEA

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L’Histoire a retenu que le CEA a été créé, après la seconde guerre mondiale, afin de trouver des solutions « bon marché » pour produire l’énergie nécessaire à la reconstruction de la France. Le CEA, lui, n’a pas oublié que cette reconstruction passait aussi par le savoir et surtout, son partage. Afin de sortir d’une forme d’obscurantisme, désormais amplifiée par les réseaux sociaux… 70 ans plus tard, la ligne de conduite du Commissariat n’a pas varié.

Et dans un contexte de débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie, son intérêt reste plus que jamais d’actualité. D’autant qu’aujourd’hui, la science n’est plus systématiquement associée à la notion de progrès…

C’est pourquoi le centre de Cadarache s’associe régulièrement aux autres organismes de recherche (CNRS, Inserm, Inria, Inra, IRD) et aux universités, pour aller à la rencontre du grand public ; notamment au moment de la Fête de la science. Pour le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, c’est à chaque fois l’occasion de décrypter certaines de ses activités historiques avec, à la clé, de passionnants débats sur la place du nucléaire dans le mix énergétique. « On constate que ces thématiques suscitent un réel intérêt », analyse Guy Willermoz, chargé de communication pour la culture scientifique et les actions pédagogiques. « Le nucléaire n’est pas systématiquement regardé comme une bête noire et beaucoup de personnes sont conscientes qu’il a un rôle à jouer dans les enjeux actuels, notamment parce que son organisation au niveau national, avec une autorité de sûreté souveraine et indépendante, apporte de sérieux gages de sûreté. C’est une nouvelle, et très belle, démonstration que la science est avant tout un espace de partage, ouvert, où l’on peut débattre ».

C’est aussi l’occasion de revenir au fondement de la science : savoir poser les bonnes questions pour obtenir de bonnes réponses, et ne pas se contenter d’une idée préconçue. Finalement, être curieux et critique à la fois, cela dépasse la science car c’est aussi une bonne école de la vie. Comme le rappelle d’ailleurs régulièrement Yves Bréchet, Haut-commissaire à l’énergie atomique, « la science est une composante de notre culture ». Car ces manifestions sont aussi le témoignage de la richesse du tissu scientifique en PACA.

« Cela s’inscrit dans un mouvement plus global, parfaitement symbolisé par l’engouement populaire qu’a suscité le séjour de Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale »

Pour preuve, la popularité de la Fête de la science ne cesse de croître d’année en année avec, en outre, des durées de visite plus longues. De bon augure, donc, pour les prochaines éditions, notamment en 2019 à l’occasion des 60 ans du CEA Cadarache.


Guy Willermoz

3 questions à Guy Willermoz,
chargé de communication pour la culture scientifique
et les actions pédagogiques

 

Promouvoir la culture, les études et les métiers scientifiques

Pourquoi, et comment, le CEA Cadarache ouvre ses portes afin de décrypter ses activités ?

Faire connaître nos activités et les différents métiers liés aux sciences fait partie de nos missions, avec notamment des actions en direction des plus jeunes. Cela commence dès les classes de CM2, à qui nous pouvons proposer cinq thèmes : l’atelier de l’énergie, l’atelier de l’ADN, l’atelier des plantes et l’atelier du numérique (en partenariat avec le centre Charpak, à Gardanne). Nous accueillons également des collégiens sur une journée entière à l’occasion des Cadarache Jeunes, ou pendant une semaine au moment de leur stage obligatoire, en classe de 3e.

Vous recevez également des lycéens dans le cadre de la journée Scientifique toi aussi : quel bilan tirez-vous de ces rencontres ?

Les retours sont toujours très positifs : les lycéens, dans leur grande majorité, apprécient les ateliers car ils leur permettent de découvrir de véritables métiers. Le plus souvent, ils ne se doutent pas que, derrière le mot science, il y a des professions susceptibles de les intéresser. Cet engouement s’est même renforcé ces dernières années avec des projets de science participative qui permettent aux élèves d’aller au-delà de la visite. Montage d’appareils, prises de mesures, traitement de données, préparation de posters et présentations orales… Ils deviennent eux-mêmes des acteurs de la science; et ça leur plaît!

Quel est l’objet de la convention établie entre le CEA Cadarache et l’Académie d’Aix-Marseille ?

Elle a été signée en 2010 et renouvelée en 2015. L’objectif est de développer des actions concertées et encadrées, à destination des élèves et des professeurs, afin de promouvoir la culture, les études et les métiers scientifiques. Le thème de la journée « Scientifique, toi aussi », par exemple, est défini lors d’un de nos comités de pilotage ; sachant que la problématique de la mixité de nos métiers est partagée par la communauté scientifique internationale.


ET AUSSI…

Le programme Solstice

Depuis le mois d’avril 2016, plusieurs collèges de la région PACA ont été équipés de matériel semi-professionnel leur permettant d’effectuer des mesures météorologiques. Le CEA fournit en effet une station météo et un nano-ordinateur à chaque établissement, afin que les collégiens puissent enregistrer et partager leurs données, afin de créer une véritable communauté scientifique locale. L’objectif est aussi que chacun puisse s’approprier l’information et, surtout, s’interroger et développer son esprit critique.

Le projet LUCIE

Lancé en janvier 2017, LUCIE est un projet de science participative qui permet à des lycéens de mesurer la radioactivité présente dans l’environnement, avant de partager et cartographier leurs données via un site ouvert. Ils doivent également exposer leurs recherches et travaux, comme dans un congrès scientifique. Le projet permet ainsi à chacun de mieux comprendre la radioactivité, qui se mesure avec précision, même pour de très faibles niveaux.

Le Magistère JCO

Depuis quatre ans, le CEA Cadarache accueille une promotion d’étudiants en journalisme et communication, dans le cadre d’un partenariat avec le MagistèreJournalisme et Communication des Organisations (JCO), une formation insérée dans la faculté de Droit et de Science politique d’AMU. Les futurs journalistes peuvent ainsi effectuer un reportage dans les conditions réelles, en se frottant à des thématiques souvent pointues. « A nos yeux, il est important qu’ils sachent ce qu’est un centre de recherches, et puissent avoir un minimum de connaissances, comme un premier vernis de compétences susceptible de construire une vision plus critique et plus objective », détaille Guy Brunel, directeur de l’UCAP (unité de Communication et des affaires publiques).

Les chiffres

Les interventions du CEA Cadarache dans les écoles primaires permettent de toucher 2500 élèves en moyenne chaque année. Dans le secondaire, les actions spécifiques menées en partenariat avec les établissements concernent jusqu’à 1500 collégiens et lycéens. Enfin, entre 8000 et 10000 personnes participent chaque année aux différentes manifestations destinées au grand public, comme la Fête de la science.