TSN : un rapport pour… « Tout savoir sur nous »

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Guy Brunel, chef de l’unité de Communication et des Affaires publiques, décrypte pour nous les différentes étapes qui permettent au rapport TSN de voir le jour.

Le 1er juillet, le CEA Cadarache a publié son rapport TSN: Transparence et Sécurité Nucléaire. Un document officiel que le centre se doit de produire afin de se conformer à la loi relative à la transparence et à la sécurité nucléaire de 2006. Mais au-delà de l’obligation légale, ce rapport ressemble fort à un mode d’emploi. Une notice qui permet de savoir ce que l’on fait à Cadarache, et de comprendre pourquoi et comment on le fait. En à peine plus de 80 pages, le document dépasse donc l’obligation légale afin de permettre de Tout savoir sur nous… comme TSN! Car c’est aussi la signification de ce rapport: tenter de redonner du sens à un concept sans doute galvaudé: la transparence. « C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles la constitution de ce rapport est avant tout un travail d’équipe », détaille Guy Brunel.

« Ce travail mobilise une trentaine de personnes. Il débute au mois d’avril avec les contributions des différentes unités concernées: cellule de sûreté, service de protection contre les rayonnements, services impacts et environnement… car il faut savoir que le contenu et l’organisation du rapport sont strictement encadrés par la loi. »

Qui rédige les textes?

Chaque spécialiste écrit sa partie et l’UCAP a la responsabilité des compilations et finalisations. On retrouve ensuite la même synergie au niveau des phases de relecture et de corrections, qui sont également collectives. Viennent ensuite la relecture et la validation finale, par le directeur.

Quel est le rôle de l’unité de Communication et des Affaires publiques?

L’objectif est de ne jamais perdre de vue que le document final est destiné au public. Notre rôle est donc de tout faire pour le rendre le plus lisible possible. Dans la toute dernière phase, nous devons vulgariser le plus possible les différents écrits, sans perdre de vue pour autant que l’on a affaire à des données extrêmement précises et techniques.

Comment parvenez-vous à relever ce défi?

Au fil des ans, nous avons énormément travaillé sur la forme du rapport afin de proposer plusieurs niveaux de lecture. Chaque partie débute systématiquement par un passage intitulé « l’essentiel du chapitre« , qui permet d’accéder à la plupart des informations sous forme de résumés. Nous intégrons également beaucoup d’encadrés afin de décrypter les méthodes ou les résultats. Enfin, le rapport se termine par un glossaire qui permet là encore de vulgariser tous les termes spécifiques à notre activité.

Le centre a également fait le choix d’intégrer le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dans la constitution du rapport…

Le CHSCT est effectivement partie prenante et, depuis la toute première version, il a le rapport en mains. Nous organisons des réunions régulières afin de discuter de leurs remarques et corrections qui, le plus souvent, sont intégrées. Le comité procède ensuite à un vote officiel afin de dire s’il est d’accord avec la forme et le contenu du rapport. Enfin, il émet un avis, dans lequel il exprime ses recommandations:  elles figurent d’ailleurs en troisième de couverture du rapport.

Le rapport est-il encore appelé à évoluer?

Après les gros efforts de mise en page réalisés ces dernières années, nous estimons être aujourd’hui arrivés à un produit  satisfaisante. Cela permet d’une part de travailler sur l’actualisation des données, sans toucher au concept. Et, d’autre part, cela permet d’avoir des points de comparaison simples d’une année sur l’autre. Cela va donc dans le sens d’une meilleure transparence et d’une meilleure information du public. Car ce rapport est, avec le rapport environnemental, un des documents techniquement le plus complet que l’on met à disposition du grand public. Même si la loi ne nous l’imposait plus, je suis persuadé qu’on le ferait quand même. Parce que c’est réellement devenu notre bible!

Le rôle de la commission locale d’information

Ce rapport est destiné à vous donner l’ensemble des résultats relatifs aux domaines de la sécurité nucléaire ainsi que les moyens mis en œuvre pour la protection du personnel, des populations et de l’environnement par le CEA Cadarache, rappelle Christian Bonnet, le directeur du centre bucco-rhôdanien en préambule du document. Il est un des maillons de notre chaîne d’information du public sur nos activités et leur impact sur l’environnement. Nous comptons également sur la commission locale d’information de Cadarache pour diffuser ces résultats et compléter cette information.

La CLI constitue effectivement un vecteur très important entre le CEA Cadarache et le grand public. C’est une voix indépendante qui analyse les informations qu’on lui fournit  avant de les communiquer au plus grand nombre, ajoute Guy Brunel. Cela reste toujours compliqué de connaître la portée du rapport TSN, comme il est difficile de connaître l’impact des actions d’information de la CLI en direction du grand public. Mais cela ne nous empêche pas de mettre en place tous les moyens nécessaires pour informer la Commission, et pour répondre à leurs questions. On y répond toujours et on essaie de le faire le plus rapidement possible!

Et aussi…

Entre idées reçues et méconnaissances, le rapport TSN permet à chacun de se fonder sa propre opinion à partir d’informations fiables et vérifiées…

– Quelle centrale? La centrale de Cadarache. Qui n’a pas entendu, ou prononcé, au moins une fois cette expression? Un raccourci très éloigné de la réalité qui tendrait à faire oublier ce qu’est réellement le centre CEA de Cadarache. Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives n’a en effet pas installé la moindre centrale sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance. En revanche, il a permis au lieu-dit « Cadarache » de devenir, en l’espace de 59 ans, le premier centre européen de recherche sur les énergies bas carbone.

– Radioactivité et impact: il est toujours bon de rappeler que plus de 66% de l’exposition humaine est d’origine naturelle. L’exposition artificielle est très essentiellement due aux applications médicales. Quant à l’industrie nucléaire, elle ne représente que 0,3% de l’exposition totale. A Cadarache, même si les valeurs évoluent, l’impact du centre reste relativement stable: il est globalement 1000 fois moins élevé que la radioactivité naturelle.

– Un environnement remarquable: le CEA Cadarache c’est 1670 hectares, dont 900 clôturés. 80 bâtiments dont 21 installations nucléaires de base (INB). Et, bien sûr, plusieurs centaines d’espèces, animales et végétales, répertoriées… du désormais symbolique sanglier jusqu’au criquet-hérisson, en passant par le mouflon de Corse, le lézard ocellé ou la nonnée brune. Il faut dire que les sous-bois et la garrigue représentent près de 80% du domaine.