Un redémarrage parfait pour Cabri 

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Le 16 avril 2018, le réacteur de recherche Cabri a entamé avec succès une nouvelle campagne d’essais où le CEA est exploitant du réacteur et partenaire d’un programme international CIP dont l’IRSN est responsable.

Boucle d’essai à 150 bars et 280 degrés. Puissance du cœur stabilisée à 100 kilowatts. Puis soudain, c’est le flash, un saut à 5 gigawatts, soit 50 000 fois plus, pendant quelques millisecondes !

Si les chiffres ne suffisent évidemment pas à résumer une expérimentation, ils permettent néanmoins de montrer les capacités de cet outil de recherche unique au monde.

Car, en l’occurrence, toutes ces valeurs ont été enregistrées à l’intérieur de Cabri; un réacteur destiné à faire des études de sûreté sur les combustibles utilisés dans les centrales nucléaires. Equipé à l’origine d’une boucle d’essai à caloporteur sodium, il a déjà mené de nombreuses campagnes pour l’IRSN jusqu’en 2003. Il a alors bénéficié d’une série de transformations pour le mettre en conformité avec les normes de sûreté actuelles, notamment en matière de tenue aux séismes. Ces travaux ont également permis de remplacer la boucle sodium par une boucle à eau pressurisée, permettant une meilleure représentativité des phénomènes pouvant se produire dans le parc actuel essentiellement composé de réacteur à eau pressurisée (REP).

Après avoir de nouveau divergé le 20 octobre 2016, le réacteur de recherche a débuté une campagne de 10 essais expérimentaux dans le cadre du Cabri International Program (CIP) sous la responsabilité de l’IRSN. Le 16 avril dernier, l’IRSN et le CEA ont ainsi réalisé avec succès, à Cadarache, le premier essai de cette série, le test CIP-Q .

L’objectif de cet essai était double. Il s’agissait d’une part de qualifier le bon fonctionnement de cette nouvelle boucle, mais également d’étudier les conséquences d’un hypothétique accident de réactivité sur la tenue mécanique d’un crayon combustible, préalablement vieilli en réacteur EDF. Les expérimentateurs s’intéressaient tout particulièrement au comportement de la gaine du crayon, extrêmement contrainte par les pastilles combustibles, elles-mêmes soumises à l’injection brutale et massive de chaleur en leur sein. Et le premier bilan est positif puisque le pic de puissance souhaité a été atteint dans les conditions qui étaient prévues. L’instrumentation a également parfaitement fonctionné et tous les enregistrements ont pu être réalisés pendant la durée de l’essai, en particulier les quelques millisecondes particulières du pulse.

Le CEA effectue maintenant une épuration de l’ensemble des circuits afin de pouvoir procéder, en décembre, à un recalibrage de l’hodoscope. Cet équipement unique au monde permet de mesurer en temps réel les neutrons émis le long du crayon testé, son élongation et la relocalisation éventuelle du combustible.

Les premières interprétations fines de l’essai sont attendues d’ici quelques mois. L’année 2019 sera ensuite consacrée, par l’exploitant, à la maintenance décennale de la boucle avant la poursuite de la campagne en 2020